La garde d’enfants, ce n’est pas un « bizness »

Posté par: debonsservicesdegarde en avr 4, 2011 | Pas de commentaire

Pour la première fois, le Canada se retrouve avec une entreprise de services de garde cotée en bourse, une véritable « méga entreprise », quoi! L’arrivée des mégas entrepreneurs privés dans le domaine des services de garde est une tendance à la hausse qui change la donne et devrait sonner l’alarme dans le secteur et au sein des gouvernements.

Jusqu’à tout récemment, les garderies commerciales canadiennes étaient pour la plupart de petites entreprises qui appartenaient à des particuliers. On s’en est toujours préoccupé parce que la qualité et l’accès aux services de garde souffrent lorsqu’on cherche à en tirer du profit. En effet, quand le profit est un des principaux motifs, le taux de roulement du personnel est élevé, les salaires sont faibles, les conditions de travail sont médiocres et le développement des services ne survient que là où il y a du profit à faire.

On a remarqué que ces petits exploitants de garderies privées prennent aussi de l’expansion, surtout dans les provinces de l’Atlantique, au Québec, en Ontario et au Yukon. Leur propagation et l’arrivée des grandes chaînes privées dans le secteur nuisent au développement potentiel de services de garde pour qui les enfants et les familles sont au cœur de l’aventure – contrairement au motif de profit des entreprises privées et de leurs actionnaires.

Au cours de la dernière décennie, du Canada, nous avons observé comment les services éducatifs et de garde à l’enfance d’autres pays (surtout en Australie, aux États-Unis et au Royaume-Uni) ont été minés par de grandes chaînes privées de garde d’enfants à la croissance très ambitieuse. Ces mégas entreprises illustrent graphiquement les risques pour les familles et les gouvernements lorsque le bizness occupe une place prédominante dans le secteur. Et malgré cela, les gouvernements au Canada, y compris ceux qui professent soutenir « l’éducation à la petite enfance », n’ont rien fait pour empêcher leur croissance au pays. En effet, certains gouvernements vont même jusqu’à l’encourager.

De nombreuses recherches ont démontré des différences importantes sur le plan de la qualité et de l’accessibilité entre des garderies à but lucratif et les services de garde publics ou sans but lucratif. Ces différences se manifestent dans des domaines qui comptent beaucoup pour les enfants : respect de la réglementation, cotes de qualité globale, pratiques en matière de santé et de sécurité, formation du personnel, rémunération, morale et rétention. Une chose que la recherche fait ressortir sans équivoque, c’est que l’équité d’accès et la qualité supérieure sont des facteurs peu susceptibles de se retrouver dans un environnement axé sur le profit.

Cela s’impose : il est beaucoup mieux de dépenser des fonds publics pour des services de garde publics et sans but lucratif, là où chaque dollar est réinvesti au profit des enfants et des familles.

Le Canada n’a qu’à regarder l’Australie, la Grande-Bretagne et les États-Unis pour constater ce qu’il advient de la qualité et de l’accès lorsque l’on sacrifie les soins et l’éducation des jeunes enfants à l’autel des profits. En comparaison, dans les pays où la gestion et le financement des services de garde sont publics et où la prestation relève des secteurs publics et sans but lucratif, on voit que les services d’éducation préscolaire et de garde à l’enfance satisfont des critères de qualité et sont largement accessibles.

De toute cette preuve, le Canada peut dégager des leçons sur les meilleures façons, et les pires, de fournir des services éducatifs et de garde à l’enfance.

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